Les gants-pinceaux
Art du discours
Des grands discours de l'histoire, écoutés et peints. Dix doigts-pinceaux traduisent en gestes la rhétorique, la violence ou la grandeur du verbe : chaque discours donne une toile, filmée du premier trait au dernier. De Gaulle, Hitler, Martin Luther King : trois registres, trois palettes, trois corps à corps avec la parole du monde.
Avant les toiles, l'invention de l'outil. Dix pinceaux fixés aux doigts d'un gant : la main devient pinceau, le corps entier devient instrument. Un dispositif artisanal qui efface la distance entre l'artiste et la toile, et fait du geste pictural un geste physique total.
Les gants-pinceaux
L'appel du 18 juin 1940. La grandeur, la solitude, la certitude absolue. Un bleu de nuit, des rouges vifs : la toile absorbe l'énergie d'un homme qui parle à une nation depuis l'exil.
De Gaulle, appel du 18 juin
« I have a dream. » Washington, 1963. La foule, le souffle, la vibration collective d'une espérance. La toile se construit dans la dynamique du mouvement : des noirs profonds, des textures qui coulent.
MLK, I have a dream
La mécanique de la haine. Un discours qui broie, qui galvanise, qui détruit. La toile absorbe cette violence : des gestes heurtés, des matières écrasées, un blanc qui saigne de rouge.
Hitler, Nuremberg
La série se poursuit. Prochains corps à corps avec la parole :
- Robert BadinterL'abolition de la peine de mort, Assemblée nationale, 1981
- Jean-Paul IIUrbi et Orbi
- Fidel CastroDiscours à l'ONU
- …La liste reste ouverte
Porter le projet sur scène : peindre la toile en direct devant le public, le discours diffusé dans la salle. Ce qui était filmé en atelier deviendrait une performance, où le geste et la parole avancent au même rythme, sans reprise possible.